Colloque (12-13 décembre 2008): Aspects contemporains de la « philosophie première »

Au C.R.H.I.A
36 Rue de la Chaîne
Poitiers

Responsable: Professeur Bernard Mabille

Un lieu commun a dominé le paysage philosophique du siècle dernier : la métaphysique est morte ou, si tel n’est pas le cas, elle doit être « dépassée ». Que ce dépassement soit une « dissolution » grâce à une analyse logique de son langage (Carnap, Die Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache) ou qu’il soit une « destruction » comme prise en charge d’une tradition dont il faut à chaque fois penser l’impensé (Heidegger, Überwindung der Metaphysik), il marque une prise de distance et a souvent engagé une surenchère plus ou moins crédible chez des auteurs qui se placent dans le sillage de ces deux grands programmes exprimés dans les années trente. La situation est aujourd’hui fondamentalement différente pour plusieurs raisons. Premièrement la problématique et même les termes (« relativité de l’ontologie » chez Quine, « métaphysique descriptive » chez Strawson) sont revenus au cœur d’une tradition analytique désormais plus complexe que celle du « logicisme triomphant ». La « pragmatique » et les logiques « non-standard » permettent de reprendre des questions fondamentales (comme celle de l’ontologie de la modalité) à partir d’instruments beaucoup plus fins que ceux des « atomistes logiques » de jadis. Deuxièmement, la tradition phénoménologique chez Husserl lui-même (Philosophie première, distinction entre « ontologies régionales » et « ontologie formelle ») et dans ce que sa succession a de plus original (Heidegger, Levinas, Marion entre autres), affronte à nouveaux frais les questions essentielles de la métaphysique. Troisièmement, des tentatives spéculatives distinctes de ces deux courants principaux se poursuivent ou se font jour. Il s’agit d’organiser la rencontre et le dialogue d’auteurs qui ne présenteront pas une description de la métaphysique chez telle ou telle grande figure historique mais offriront leur propre analyse et re(dé)construction du concept de métaphysique. Ce dernier terme étant « daté » et devenu souvent un repoussoir ou un faire-valoir, l’intitulé que nous avons choisi désigne l’affaire en question sous le terme plus général (seul présent dans l’instauration aristotélicienne) et ouvert de « philosophie première ».

PROGRAMME

Vendredi 12 décembre 2008

14h: Accueil par Bernard Mabille (Directeur du CRHIA)
14h15 : J.-L. Marion (Université Paris-Sorbonne/Chicago) : « Les limites de la phénoménalité »
15h15 : Q. Meillassoux (ENS Ulm): « Corrélation, Métaphysique, Spéculation »
16h15 : J.-L. Vieillard-Baron (Université de Poitiers) : « Gnose et philosophie de l’esprit »
17h15 : Débats

Samedi 13 décembre 2008

Présidence de séance : J.-C. Bourdin

9h30 : C. Tiercelin (Paris XII, IUF) : « Mérite du réalisme dispositionnel ou de quelques suggestions pour constituer une métaphysique scientifique »
10h30 : J.-F. Marquet (Université Paris-Sorbonne) : « La métaphysique au singulier »
11h30 : B. Mabille (Université de Poitiers): « La libération de la métaphysique »
12h30 : Débats et fin des travaux

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