Histoire de la recherche en philosophie à l’Université de Poitiers

1963-1968 : Emmanuel Levinas

Emmanuel Lévinas (1906-1995)
Après la seconde guerre mondiale, l’intégralité de sa famille (à l’exception de sa femme et de sa fille) ayant été massacrée par les nazis, Emmanuel Levinas retrouve une assise dans le texte juif auquel il consacre de nombreuses lectures. Parallèlement, il entreprend une féconde élaboration philosophique De l’existence à l’existant (1947) ; Le temps et l’autre (1947) ; En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger (1949).

1969-1998 : le Centre de recherches et de documentation sur Hegel et Marx (C.R.D.H.M.) [1]

Le département de philosophie de l’université de Poitiers s’est notamment distingué par la création en 1969-1970, à l’initiative du Professeur Jacques D’Hondt et sous le double patronage du CNRS et de l’Université, du Centre de Recherche et de documentation sur Hegel et Marx, qui fut un événement d’importance dans le champ philosophique français, et qui garde dans la mémoire philosophique vivante une signification symbolique forte. Ce centre avait pour mission de susciter et de coordonner les recherches de caractère objectif, scientifique et philosophique sur l’oeuvre et la pensée de Hegel et de Marx.
Jacques D'Hondt (1920-2012)
L’idée en était apparue autour du Séminaire de Jean Hyppolite, Professeur au Collège de France, au cours de conversations entre Jean Hyppolite et Jacques D’Hondt. Le projet fut présenté par Jean Hyppolite et soutenu par Georges Canguilhem auprès du CNRS. Jean Hyppolite (1907-1969) Il participait d’une intention plus large de décentralisation de la recherche philosophique française, les travaux devant se répartir entre le Collège de France, à Paris, et l’Université de Poitiers. Le décès de Jean Hyppolite, survenu brutalement en 1969, priva cependant le Centre de Recherche de son pôle parisien.
Georges Canguilhem (1904-1995)
L’équipe fondatrice, lors de la convention avec le CNRS, comprenait les Professeurs D’Hondt, Pucelle, Delhomme, Garaudy, de l’Institut de philosophie de Poitiers, et des chercheurs de grand renom : MM. Dubarle, Bruaire, Sichirollo, Bourgeois, puis MM. Besse, Garniron, Guillaumaud, Hoffmann, Mme Jalley, MM. Janicaud, Méthais, Planty-Bonjour, Ricci, Mlle Thomas, M. Vadée. D’autres associés et collaborateurs les rejoignirent : MM Doz, Saintillan, Gros, Wetzel, Bourdin, Mercier, Gauvin, Olivier, Francisci, Porcher, Mme Mercier-Josa, M. Fleischmann, Mme Königson.

Les travaux commencèrent le 14 novembre 1969. Le CRDHM prit son essor en 1970-71, où il gagna une très large audience nationale et internationale qui ne cessa de s’accroître grâce à ses nombreuses activités (séminaire, colloques, groupe de traduction). Jean-Louis Vieillard-BaronEn 1975, le Professeur Planty-Bonjour succéda à J. D’Hondt à la direction du CRDHM. Le séminaire de J. D’Hondt sur Hegel et Marx se termina en 1981.

Le Professeur Jean-Louis Vieillard-Baron succéda à M. Planty-Bonjour à la direction du Centre en 1991. Le CRDHM cessa d’exister en 1998 pour laisser place au Centre de Recherches sur Hegel et l’Idéalisme Allemand.

1998-2012 : du Centre de Recherches sur Hegel et l’Idéalisme Allemand (C.R.H.I.A.) à l’équipe d’accueil Métaphysiques Allemandes et Philosophie Pratique (M.A.P.P.)

Bernard Mabille
Sous la direction du Professeur Bernard Mabille, le centre a poursuivi l’élargissement de ses champs d’intervention. Patrick Savidan Pour prendre acte d’un tel élargissement, le Centre de recherche sur Hegel et l’idéalisme allemand devient, en 2012, l’Équipe d’accueil « Métaphysique Allemande et Philosophie Pratique » sous la direction du Professeur Patrick Savidan. Ses travaux s’organisent autour des recherches menées sur Hegel et la philosophie allemande (axe 1), la philosophie première, la phénoménologie et la logique (axe 2) et la philosophie politique et l’éthique (axe 3).

En juin 2012, le Professeur Bernard Mabille reprend la direction de l’Équipe d’accueil.
En septembre 2014, le Professeur Gilles Marmasse succède à Bernard Mabille à la direction de l’équipe.

Notes

[1] D’après Michel Vadée, « Quand Hegel et Marx entrèrent ensemble dans l’université française », in Bulletin de la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, numéro 2, Septembre 2002)

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